Brexit : Les conséquences sur le Transport et la Logistique

Le Royaume-Uni a finalement choisi de mettre fin à quarante-trois années d’appartenance à l’Union européenne, en disant oui au «Brexit» lors d’un référendum dont les résultats ont été annoncés vendredi 24 juin au petit matin. Le camp du «Leave», favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’a emporté avec 51,9 %, contre 48,1 % pour le «Remain», camp pro-européen.

OLNAFRET BREXIT

Quelles sont les conséquences pour le transport routier et la logistique ?

La France 5ème pays au monde le plus touché par le Brexit

Les relations commerciales entre la France et son partenaire d’Outre-Manche, représentent chaque année, selon les chiffres du Ministère de l’Economie, un excédent commercial annuel de près de 11 milliards d’euros, avec des importations qui baissent d’année en année et des exportations qui, à l’inverse, ne cessent de progresser. Les produits achetés par le Royaume-Uni à la France chaque année représentent une masse d’échanges de produits en progression de deux milliards par an, avec toutes les conséquences qui en découlent pour l’activité des plateformes logistiques (le e-commerce est l’un des principaux facteurs explicatif de cette hausse des exportations de produits français vers l’Angleterre) et des entreprises de transport à l’international, sur la route et transmanche. Les produits les plus demandés par les britanniques sont :

  • Les biens d’équipement (ensemble des biens de consommation courante des ménages : vêtements, meubles, électroménager, etc)
  • Les produits pharmaceutiques.

Autre secteur florissant : les exportations de matériels de transport (automobiles, poids-lourds), en hausse de 4% chaque année, soit 6 milliards d’euros annuels. Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique, informatique caracolent aussi dans le haut de classement des produits les plus vendus par la France au Royaume-Uni. Pour toutes les entreprises françaises spécialisées dans ces différents secteurs, l’économie risque de se ralentir très nettement le temps de définir de nouvelles modalités d’échanges hors de la législation européenne… et cela peut prendre beaucoup de temps. Forcément victimes collatérales, les prestataires logistiques et les sociétés de transport qui travaillent avec les entreprises en question.

«La France serait le 5eme pays au monde le plus touché par le Brexit», affirment ainsi les économistes chercheurs de l’OFCE, l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques. «Certaines études prospectives estiment qu'avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, son PIB à l’horizon 1019 chuterait de plus de 4 points et provoquerait le dépôt de bilan de près de 2000 entreprises, ce qui aurait fatalement des répercussions sur les échanges commerciaux avec la France » et donc, encore une fois, sur les acteurs principaux de ces échanges : les spécialistes de l’acheminement de produits, en terme de logistique (stockage, tri, préparation de commandes, etc) et de transport. Les investissements britanniques en France pourraient aussi reculer de 3 à 5 milliards d’euros.

La hausse du niveau de l'imposition ?

Autre conséquence d’un Brexit sur les entreprises françaises : les tracasseries douanières, mais aussi, un alourdissement prévisible des charges : pour compenser le départ du Royaume-Uni de l’Union, et donc, la fin de sa contribution au budget européen, la France devrait, avec les autres membres de l’UE, payer davantage… Répercutant fatalement cette hausse sur les contribuables, avec une inévitable élévation du niveau de l’imposition sur les entreprises. Dans un récent rapport d’étude d’impact, le sénateur Albéric de Montgolfier estime cette hausse à 1,2 milliard d’euros par an, soit une augmentation de 5,6%. Une chute de la livre pourrait aussi pénaliser l’export français, qui perdrait en compétitivité en termes de prix des marchandises et de tarifs des prestations de transport. Alors que les concurrents britanniques pourraient à l’inverse proposer des prix très attractifs.

Des conséquences positives

Cependant, selon le ministre de l’économie Emmanuel Macron, le Brexit pourrait aussi avoir des conséquences positives pour les entreprises françaises, essentiellement les grands groupes, la place boursière de Paris devenant une solution de repli idéale pour les investisseurs qui voudraient quitter la City à Londres pour rester dans une grande capitale européenne. Certaines grandes enseignes ont déjà prévenu qu’elles pourraient déplacer plusieurs milliers de salariés vers la France en cas de Brexit. «Cela pourrait aussi être très bon en terme d’emplois et d’émulation concurrentielle pour des régions comme la Normandie ou le Nord-Pas-de-Calais», analyse un proche conseiller du président de la région Nord-Picardie, Xavier Bertrand. «LesHauts de France sont idéalement placés au niveau de la plaque tournante européenne de la logistique et du transport. De nombreuses entreprises du transport et de la logistique installées au Royaume-Uni vont peut-être estimer qu’il vaut mieux venir chez nous et embaucher localement, parce qu’il n’y aura pas de visa demandé pour aller dans l’espace Schengen, que les loyers et les charges sont moins chers à Lille qu’à Londres, etc. Donc il y a aussi moyen, d’attirer les entreprises anglaises ici, donc de nouveaux recruteurs pour nos bassins de population, et des stimulants pour l’innovation et le développement dans nos entreprises existantes ».


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